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Joyeux Noël alternatif !

Noël 2009 ne sera pas comme les autres ! Il sera ‘alternatif’, au sens où pour la première fois, les cadeaux que l’on retrouvera au pied du sapin n’auront pas tous l’odeur du neuf. Cela veut surtout dire que la ‘consommation alternative®’ que nous avions mise en évidence en 2004 (alternative aux marques et aux circuits de distribution traditionnels) franchit un nouveau pallier. On consommait ‘alternatif’ pour soi ou pour les siens. Désormais, l’alternatif s’assume. On offrira ‘alternatif’.

30% des Français ont, en effet, l’intention d’acheter des cadeaux d’occasion pour Noël … et se tournent vers eBay ou d’autres circuits alternatifs (dépôts-vente, etc.). Ce sont donc bel et bien des jouets, produits technologiques, livres, DVD et autres produits culturels d’occasion qui seront offerts.

La crise, bien sûr, est une raison importante de ce phénomène. Mais plus qu’un déclencheur, elle en est plutôt l’amplificateur. Depuis maintenant 7 ou 8 ans, les Français se sont lancés dans cette ‘consommation alternative®’… par nécessité, puis par goût, puis par résistance à l’hyperconsommation.

Six internautes français sur dix (60%) ont acheté ou vendu au moins un objet entre particuliers sur le web au cours des douze derniers mois, contre 56% en 2008.

Il est capital pour les Marques de ne pas laisser cette consommation alternative s’organiser loin d’elles. C’est une perte de business sèche. Cela se fera avec la Marque ou sans elle, mais cela se fera. C’est bien ce que la Fnac a compris en lançant ‘Marketplace’, un site où les particuliers peuvent vendre directement des produits neufs ou d’occasion sur le site internet de la Fnac. L’objectif de Fnac.com est de « réaliser 15% de ses ventes d’ici 18 mois » via ce canal « avec un référencement de plus de 500 vendeurs professionnels, 5 millions d’offres et 20 nouvelles catégories ».

Joyeux Noël ‘alternatif’ donc !

noel alternatif


Le frugal chic

Il y avait du bonheur dans la consommation. Il y en a toujours bien sûr. Mais, crise oblige, il commence à y avoir du bonheur dans le non-achat!

De la consommation maîtrisée par nécessité (budgétaire) à la consommation maîtrisée par plaisir, il n’y a qu’un pas, vite franchi par certains. Cela permet de transcender et de moins subir. Cela permet de se donner l’illusion que l’on est toujours aux commandes de sa vie et de sa consommation. Alors, on prend du plaisir à ne pas succomber. A résister à la tentation. A repousser un acte… d’achat. A dompter ses pulsions acheteuses. A aiguiser sa patience.

Exactement comme quelqu’un qui prend goût à poursuivre son régime. La sensation de sa toute-puissance (retrouvée ?) sur son corps ainsi maîtrisé presque dompté, est une  jouissance complexe mais réelle. Il en va de même de la consommation aujourd’hui.

La consommation devient plus cérébrale. Elle est plus réfléchie, plus maîtrisée. On repousse sans frustration un acte d’achat pour vérifier si l’envie résiste à quelques semaines d’attente. On évite de succomber à une promotion alléchante en se disant que l’on ne se fera pas ‘pigeonner’.

C’est le ‘le frugal chic’ de Karl Lagerfeld. C’est surtout le signe d’une attitude nouvelle vis-à-vis de la consommation. N’y a-t-il pas là matière à revisiter le sempiternel  ressort publicitaire de ‘l’irrésistibilité’ du produit’ ?

Un verbatim : « Avant d’acheter quoi que ce soit, maintenant je me pose la question ‘’en ai-je réellement besoin?’’. A 75% la réponse est non, alors je tourne les talons. »

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Image : Blog ‘Frugal chic Living’ http://frugalchicliving.blogspot.com/


L’illimité, pour consommer presque comme avant

Le consommateur de 2009 et encore plus celui de 2010 passe son temps à comparer. Comparer les prix, les prix au litre, au kilo, les prix par unité, les offres, les contrats d’abonnement. Il en arrive aujourd’hui à comparer entre elles, des choses aussi complexes que des contrats d’assurance ou de téléphonie. Il s’aide parfois des comparateurs internet, qui pullulent. Il le fait par nécessité. Parce qu’il ne peut pas faire autrement. C’est presque devenu un nouveau sport national, une occupation à plein temps. Parfois, il y trouve du plaisir et cela peut effectivement flatter son ego. ‘Savoir acheter’, faire preuve de discernement n’est pas sans valeur pour lui. Mais ce travail de comparaison est plus souvent une contrainte et il est évident que le consommateur a la nostalgie d’avant. La nostalgie du temps où il pouvait entrer et faire ses courses ‘le nez au vent’ dans les hypermarchés. Ce n’est plus le cas, il est contraint à une vigilance de tous les instants, obligé qu’il est de devoir déjouer les pièges, vérifier le bien fondé du prix de tel ou tel produit par rapport au premier prix du marché, checker qu’il n’y a pas de réengagement dissimulé, s’assurer que la promotion annoncée est bien réelle et non factice, etc…
Et c’est toute la force de l’illimité. Consommer ‘illimité’ c’est du repos, c’est de la tranquillité d’esprit, c’est l’assurance d’éviter toute mauvaise surprise. On peut enfin baisser la garde.
Surtout c’est la possibilité, enfin, pour une fois… de pouvoir consommer sans compter… comme avant !

Un verbatim : « La crise rend plus suspicieux et alerte »

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Image : UGC Illimité, NRJ Mobile SMS illimités, MusicMe